Chronique du quotidien n°4

Les déplacés
vendredi 4 novembre 2005.
 

Les déplacés

Les desplazados, sont les gens qui, dans tout l’Amérique latine, ont du quitter leur terre, leur village, leur quartier ou leur ville contre leur gré (voir les reportages réalisés à ce sujet par le Journal International des Quartiers). Il peut s’agir de travailleurs qui ont quitté leurs régions où toutes les usines ont fermé, ou bien des paysans qui ont fui leurs terrains revendus par l’Etat à une grande compagnie, ou encore les habitants d’un quartier récupéré dans le cadre d’une opération immobilière. En Colombie, la première cause du « déplacement » et la guerre que se mènent l’armée colombienne, les guérillas et les paramilitaires. Et la population (environ 3 millions) qui en souffre le plus, ce sont les paysans, souvent d’origines indiennes. Bien souvent, après un affrontement entre les forces régulières et les forces insurgées (la guerilla), ce sont les paramilitaires (d’extrème-droite, et proche du pouvoir) qui viennent terminer le travail, faisant fuir à l’aide d’intimidation, de meurtres, de tortures, ceux qui avaient résisté aux tirs de mitraillettes, aux bombardements et aux mines dans les champs. Et lorsque les terres ont été vidé de ceux qui les travaillaient, et surtout qui en vivaient, elles sont bradées à de grandes compagnies, colombiennes ou étrangères (pour ne pas dire états-uniennes), qui en font des plantations géantes de monoculture (canne à sucre par exemple), qui détruisent le sol et ce qui y vivait ; Elles peuvent aussi être exploitées pour ce qu’il y a en dessous, mines ou pétrole et gaz ; Ou bien elles sont récupérées pour y planter de la coca, seule plante qui résiste bien aux fumigations du « Plan Colombia » censé stopper la production de drogue du pays, et qui justifie l’armement des groupes pre-cités. (Lire à ce sujet)

Les populations déplacées vont, elles, grossir les quartiers les plus défavorisés des grandes villes, sans aucun soutien d’une quelconque instance étatique, ni de ceux, arrivés avant elles, qui voient là une concurrence dans la pauvreté.


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