Pétroglyphes et cie

vendredi 11 mars 2005.
 
Avant de quitter le nicaragua nous passons une petite semaine de vacances dans l’ile d’Ometepe, sur le grand lac Cocibolca

Buenos dias,

Avant de quitter le nicaragua nous passons une petite semaine de vacances dans l’ile d’Ometepe, sur le grand lac Cocibolca. Les 2 volcans qui occupent presque entierement le territoire sont tres impressionants, ils partagent l’ile entre feu et eau : le volcan Concepción est tout pele et crache sa fumee en continue tandis que le volcan Madera, fameux pour sa bio-diversite contient un lac a son sommet qui irrigue toute la zone. Nous nous installons au pied de ce dernier, dans la Finca Magdalena, cooperative agricole cree en 1983 sous l’impulsion de la reforme agraire du gouvernement sandiniste. Traditionnelement productrice de café, la Finca a convertie sa production en biologique et diversifie ses cultures, de plus elle a developpe depuis quelques annees un accueil touristique. Le lieu est tres agreable, sont sommes loges dans les anciens entrepots de café (ammenages en chambres), une grande batisse en bois de style coloniale datant de la fin 19e.

Nous profitons des petites ballades alentours a la recherche de petroglyphes, droles de grosses pierres volcaniques gravees il y a des milliers d’annees par les premiers habitants de l’ile et dont la signification est pour nous bien mysterieuse. Nous partons aussi sur le sentier qui mene aux plantations de cafes, les singes Congo y ont elus domicile. Arnaches de nos micros nous tentons d’entrer en communication avec nos vieux cousins. Le petit concert qu’ils nous offrent apres plusieurs tentatives d’approches est assez rejouissant d’un point de vue sonore mais au moins aussi mysterieux que les petroglyphes quant a sa signification

Nous decidons de retourner a la Finca, et de nous socialiser un peu plus avec nos semblables. Dans ce repere de touristes ecolos, il y a toute sorte de gens et l’on se raconte toutes sortent d’histoires. Comme notre voisin de table, un vieux fermier canadien de Colombie Britanique, venu a la Finca il y a sept ans enseigner les techniques du compost et qui revient aujourd’hui en vacances. Il passe ces journees assit a boire des bieres, a fumer des cigarettes et a tousser. Le contre exemple parfait de la majorite de nos congeneres plutots jeunes, sains de corps et d’esprits . Il se revele assez bavard et nous conte avec plaisir tous les delices de sa ferme, il est tres remonte contre les Etats Unis et soupsonne qu’un agent de la CIA soit infiltre parmis nous. Ce n’est que lorsque Guillaume perdra son tee-shirt souvenir de Palestine tout ecrit en arabe que l’on partagera ses soupsons. En fin il ya depuis notre arrivee a La Finca un groupe d’une vingtaine d’etudiants etatsuniens venus pour 15 jours de formation en permacultura (agriculture permanente en francais), La permaculture est un ensemble de pratiques qui tente de créer un système agricole productif tout en conservant la stabilité et la diversité d’un système naturel. C’est aussi lune philosophie de vie qui vise au respect de l’environnement au sens large - hommes, animaux, vie sauvage, nature - pour restaurer les systèmes agricoles et sociaux dégradés. Petit cours accelere afin de vous donner une idée plus concrete :
-  Quelques principes techniques : Pas de Labour (mais la nécessité de conserver une couverture permanente du sol avec des matériaux végétaux morts constituants un ’tapis’ protecteur), Pas d’engrais (mais l’utilisation intelligente des micro-organismes de la terre comme fertilisant naturel), Pas de pesticides (la polyculture permet de generer des formes de defense naturelle), Pas de desherbage (les mauvaises herbes sont d’excellents indicateurs de l’état du sol ou du type de culture favorable sur cette parcelle... on peut toujours les éliminer grâce à d’autres herbes qui les concurrencent. Comme pour les ravageurs, les équilibres entre les différentes espèces viennent réguler les débordements.), Respect du paysage (aucune modification de relief n’est posible mais plutot un dessin harmonieux de la parcelle, tel arbre ne sera pas coupe ou telle pierre pas deplacee), Conservation des especes (valorisation et protection des semences non transformes, creation d’une biblio -graines). Minimisation du travail (c’est la terre qui travaille toute seule, s’autoregule, s’enrichie, l’homme l’accompagne sans s’epuiser et peut avoir une activite a cote). La permaculture a ete remis a la mode par un australien dans les annees 70, elle attire aujourd’hui de nombreux paysans en mal d’alternative agricole. C’est tres interresant dans les principes et dans le redefinition qu’elle propose de notre rapport a la terre meme si l’enrobage new age qu’en font les etatsuniens sonne un peu faux.

Apres notre semaine de bio-nature, direction de nouveau a Managua, la capìtale, passage oblige pour prendre le bus en direction du Honduras. Malgre le peu d’interet de la ville nous y avons maintenant quelques reperes ce qui nous permets de passer une apres midi-soiree bien tranquille et de s’accorder une derniere petite bouffe fameuse chez doña Pilar, la fritanga pres de l’hotel. Nous savons deja que nous allons regrettrer la cuisine nica.

Passage eclair. Arrivee a Tegucigalpa, capitale du Honduras en debut d’apres midi, le projet est de continuer la route plus au nord vers Copan et d’eviter de s’attarder dans cette grande ville anarchique et bruyante. Mais il est deja trop tard, le dernier bus est parti a 11 heures et le prochain part a minuit, les trajets de nuit sont plutot deconseilles et nous ne nous sentons pas tres intrepides pour cette derniere option. Nous n’avons qu’a dormir a Tegucigalpa, oh joie ! Comme d’habitude, nous n’avons aucun plan de la ville, ni guide touristique en poche... On trouve un hotel un peu miteux a deux pas du Terminal de bus (depart le lendemain a 6.00 am). Nous avons plusieurs heures a tuer avant la nuit, peu d’envie de partir a la decouverte de la ville, trop tard pour le musee et le cinema du quartier ne nous inspire pas confiance (il faut dire que l’on vient de se faire gentiment suivre). Resignes, nous entrons dans une cantina : au menú “pollo frito”, c’est gras, pas tres bon et la patronne fait la gueule. Depites on rentre a l’hotel, au moins il y a la tele et nous avons vraiment beaucoup de chance car ce soir au programme il y a “rocky 1” (celui ou Stalone, il perd a la fin).

Copan Ruinas Apres plusieurs heures de bus nous arrivons a Copan Ruinas, petite etape touristique avant notre entree au Guatemala. Nous demarrons ici ce que les guide nomme “la ruta maya” et ce que les guatemalteques appellent “la ruta gringa”. Copan est un des site maya les plus important par sa taille et la beaute de ses edifices. Nous passons toute une journee a deambuler au milieu des pirámides-autels, des steles sculptees et autres lieux ceremoniels. Il fait chaud, il n’y a pas beaucoup de monde et les conditions sont ideales pour apprecier ce premier contact avec l’antique civilisation maya. Plus triste est le peu de consideration de l’Etat hondurenien pour la protection et la conservation de ce lieu merveilleux. De nombreuses sculptures ont ete vendu ou offerte a l’etranger par des Presidents irresponsables qui ont confondu le patrimoine d’une nation avec le tresor du Roi, les archeologues se sont aussi alegrement servis lors des fouilles (qui se poursuivent), laissant des espaces beants a l’endroit d’anciennes sculptures mais que l’on peut bien sur visiter au musee de Bale en Allemagne ou aux Etats Unis, en Suisse, en Espagne etc...

Nous faisons la visite sans guide, peut etre une erreur car le site ne comporte aucune explication et si l’on peut apprecier Copan pour sa beaute, on demeure bien ignorant quant a sa signification, on se greffe cependant parfois a des groupes et profitons ainsi de quelques eclaircissements... Copan doit sa beaute a son mystere... pourrait on lire dans la preface d’un livre d’art acheter a grand frais. Tout d’un coup j’en veux beaucoup aux historiens, archeologues et autres specialistes qui consacrent des annees a l’etude, l’analyse, le decryptage de ces civilisations du passé mais qui ne sortent pas d’un systeme elitiste et hierarchise qui prend peu en compte la vulgarisation et la transmission de ce savoir, bien conserver dans des livres, soigneusement range dans des bibliotheques. Je repense aux mots de Luis Certain, un ami du Venezuela, archeologue autodidacte, a propos des travaux de recherches universitaires : “le savoir doit sortir de l’universite, c’est dans la rue qu’il est necessaire”.

Mais je n’ai pas le temps de m’enerver longtemps, bientot le site de Copan ferme ses portes et nous devons preparer notre depart pour le Guatemala, nous ne sommes qu’a quelques kilometres. Le passage de la frontiere se fera a pied, betement cela me provoque un grande emotion. De part et d’autre de la ligne, Honduras et guatemala semble etre le meme pays : meme langue, meme paysage, meme type de visage. Il faudra s’enfoncer dans le pays pour voir qu’il n’en est rien, sans nier les similitudes qui forgent aussi l’espoir d’une union latino americaine, le Guatemala connait une identite bien diferente surement liee a sa particularite d’etre le seúl pays d’amerique latine ou les mayas (leurs descendents) sont majoritaires.

abrazo fuertes a todos, Elsa.


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